Ludovico Orombelli

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Ludovico Orombelli, *Sinopia*, 2026. Pigment on wall, Dimensions variable. Photo: Finn Curry.

Ludovico Orombelli, Sinopia, 2026. Pigment on wall, Dimensions variable. Photo: Finn Curry.

Ludovico Orombelli, *Sinopia* (Detail), 2026. Pigment on wall, Dimensions variable. Photo: Finn Curry.

Ludovico Orombelli, Sinopia (Detail), 2026. Pigment on wall, Dimensions variable. Photo: Finn Curry.

Originaire de Milan, Ludovico Orombelli diplôme d’un Bachelor d’Arts Visuels de l’Université des Arts de Bournemouth avant d’accomplir le Master d’Arts Visuels de l’écal. Depuis plusieurs années, il développe une pratique largement informée par une recherche historique, iconologique et technique de l’imagerie de l’humanisme de la Renaissance. Une large partie de son travail consiste à collecter des images qu’il rassemble dans un classeur, dont l’organisation s’inspire des planches de l’Institut Warburg, une bibliothèque consacrée à l’étude des images et de leur rôle au sein des cultures et des sociétés.

Depuis 2024, Orombelli développe le projet Sinopia. Le terme sinopie désigne à la fois un pigment et les dessins préparatoires de fresque réalisés avec celui-ci. Ce projet consiste en une série de « peintures » murales réalisées au moyen de la technique du spolvero au sein de divers espaces d’art. Le spolvero permet de transférer un dessin préparatoire vers la surface à peindre à l’aide de trous piqués dans un papier au moyen d’une aiguille. Ainsi, Orombelli réactualise et réinterprète une technique ancienne qui n’était jamais destinée à être vue.

Au Kunsthaus Biel Centre d’art Bienne, Orombelli réalise une oeuvre qui s’inscrit dans la continuité de cette série. Son processus de travail commence par appréhender avec attention l’architecture des lieux qui s’apprêtent à accueillir son travail. Lors de la première visite, son regard s’est porté sur les fenêtres se répétant à intervalles réguliers dans les galeries. Orombelli précise : “en cadrant l’extérieur selon un principe géométrique précis, elles proposent une manière de regarder le paysage, devenue le point de départ du projet”.

Une fois l’emplacement sélectionné, Ludovico explore sa collection d’images et identifie une oeuvre qui puisse dialoguer avec l’espace en question. Ici, l’image qui lui est apparue la plus pertinente a été L’Annonciation de Botticelli datant de 1490, tant elle présentait des similitudes structurelles avec l’architecture du KBCB. Selon l’artiste, le tableau « fait écho au bâtiment en enfermant un paysage dans la géométrie rationnelle d’une architecture, s’imposant ainsi comme l’oeuvre idéale à transférer dans le contexte de l’institution et à travers laquelle réfléchir aux principes de cadrage du paysage ».

Mais la pratique d’Orombelli ne consiste pas à simplement retracer les détours fantomatiques d’oeuvres de Grands Maîtres italiens de la Renaissance. Une des étapes cruciales de son travail consiste à faire disparaître tous les éléments iconographiques des images originales pour ne faire ressortir que les éléments structuraux, les géométries élémentaires de l’étude de la perspective, qui entrent désormais en dialogue avec l’architecture de l’espace d’un coin à l’autre d’un mur.

Face à ce paysage semi-fictif, le public est invité à établir un aller-retour entre les deux époques évoquées par la pièce, à observer la manière dont nous nous rapportons à l’espace, et au monde en général, et à réf léchir aux origines de nos modes de perception.

Katia Leonelli