Valentine Franc

Plattform2019

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Hatsukoi, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform19, 2019
© Claude Cortinovis_CACY 2019

Hatsukoi, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform19, 2019
© Claude Cortinovis_CACY 2019

Hatsukoi, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform19, 2019
© Claude Cortinovis_CACY 2019

Hatsukoi, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform19, 2019
© Claude Cortinovis_CACY 2019

Rien n’est plus vrai que ce que l’on projette de soi sur le monde, ce filtre qui nous fait voir un réalité qui n’est pas tout à fait celle des autres, qui ne le sera jamais. Ce filtre n’est jamais aussi fort que lorsqu’on est un•e ado qui rêve du monde qui l’attend. Entière, passionnée, extrême, sans compromis, agaçante et dramatique, Céleste est une adolescente qui se construit au travers des mangas japonais qu’elle lit, les shojos. La figure féminine et sa représentation dans l’histoire du cinéma sont au coeur du travail de Valentine Franc. Avec Hatsukoi, l’artiste se distance des codes fictionnels occidentaux et adopte une sorte de female gaze (en opposition au male gaze de Laura Mulvey) qui s’inspire des shojos. Dans ces mangas destinés aux jeunes filles, c’est le personnage masculin qui porte le potentiel érotique. Fins, mystérieux et androgynes, il n’existe que pour valoriser l’héroïne. Dans le film de Valentine Franc, le garçon du parc n’existe qu’à travers le regard et les fantasmes de Céleste. Hatsukoi c’est avant tout une histoire de construction identitaire faite d’allers-retours entre libération et repli sur soi, entre projection mentale et réalité extérieure. Je n’ai pas vu Hatsukoi. Au moment où j’écris, le film n’est pas terminé. Je ne peux qu’imaginer, mais cela n’a pas d’importance car c’est justement là l’essence du travail de Valentine Franc. Dans ses vidéos – qui oscillent constamment entre cinéma et art contemporain – il est toujours question d’imaginaire personnel, de fabulations et de réalités fantasmées. En arrière-plan, c’est la façon dont les fictions qui nous entourent influencent notre perception de la réalité que l’artiste interroge.

Texte de Roxane Bovet