Dans la pièce, de fines bandes de soie ainsi qu’une bande son, mêlant des voix, des bruits et des mélodies, guident les pas du visiteur et de la visiteuse. Les haut-parleurs et les étoffes créent un paysage incitant au changement de perspective ; l’acoustique et les narrations changent selon le point de vue et l’instant. Le rythme créé par Tina Reden rompt les récits uniformes et crée une mosaïque solidaire. L’atmosphère dans la salle est optimiste, puissante, chaleureuse et fragile – dans une tension empathique, Tina Reden veut faire entendre sa voix en dehors d’un système de production de savoir occidental et en interroger les conditions de croyance et de communication.
Dans sa pratique, qui intègre non seulement des installations mais aussi des performances, l’artiste examine toujours les récits contre-hégémoniques. Tina Reden s’intéresse à des artistes, des théoricien.ne.s, des poètes, des activistes ou des musicien.ne.s qui traitent d’interactions harmonieuses ou discordantes et qui mettent en valeur des récits marginalisés. Elle veut faire parler des histoires inaudibles et adopte une approche qui conçoit la société comme une diversité de différentes voix entremêlées qu’elle s’approprie et pour qui elle crée des espaces d’existence. L’expérience auditive et physique a le potentiel d’étendre la compréhension des autres existences et expressions au-delà de la sienne propre et d’estomper les lignes de démarcation socialisées. Les textiles transparents soulignent ce jeu de perception, suggérant limites et enveloppes, ils sont pourtant perméables.
Avec les voix de : Maya Angelou, Octavia Butler, Alice Coltrane, Victoria Santa Cruz, Angela Davis, Edouard Glissant, Abbey Lincoln, Miriam Makeba, Toni Morrison, Ogoya Nengo, Sam Oritsegbubemi, Sun Ra, Max Roach, Bahia Shehab, Luisah Teish, Tina Reden et Carmen Xtravaganza.
Tina Reden (*1991) est titulaire d’un Bachelor
de la Zürcher Hochschule der Künste. Elle vit, étudie et travaille à Amsterdam.