À l’instar d’un chef d’orchestre, Quentin Lannes coordonne et dirige ses travaux de manière méticuleuse. Artiste consciencieux, pour ne pas dire perfectionniste, chacune de ses pièces – que l’on considère ses performances, ses installations, ses objets mais aussi ses productions textuelles – est soignée et aboutie. Une grande importance est attachée tant à la recherche qu’au contexte de production. L’aspect narratif, inhérent au récit de la conception du travail, – faisant d’ailleurs bien souvent partie intégrante de l’œuvre elle-même – est un élément récurrent dans la pratique de l’artiste.
Chef d’orchestre, Quentin Lannes est également et surtout un intermédiaire. La recherche tout comme le transfert de savoir représentent deux fils rouge dans la pratique de l’artiste. Pour Lannes, tout est prétexte à l’investigation ainsi qu’au processus de médiation qui s’en suit presque inévitablement. Médiateur de ses propres travaux; ces derniers sont conçus souvent uniquement à l’aide de documents déjà existants que l’artiste aura rassemblé en un corpus. C’est à partir de cette matière première que Lannes élabore ce qui deviendront ses propres (méta)travaux. La démarche artistique réside dans la manière mise en œuvre par l’artiste afin de re-contextualiser et de se réapproprier l’objet de recherche et l’archive crée. En effet, si la recherche est le point de départ des travaux, l’aboutissement se fait par un processus d’abord d’appropriation et enfin de réinterprétation du matériel récolté.
Pour rendre cette dernière étape concrète, l’intervention de l’artiste est nécessaire. Que ce soit dans le cadre d’une per- formance, d’une lecture mais aussi dans celui d’une installation – aussi complète soit-elle – la présence de l’artiste est requise. Plus que la présence de ce dernier, c’est son jeu qui est nécessité: Quentin Lannes anime, dirige et raconte son travail à travers son discours et ses gestes. Etudiées et précises, ses paroles et ses actions ne sont autres que la clé de son œuvre. – Jessica Bourgoz