Le langage visuel, qui pour certains prend des allures triviales, voire réduites – quand d'autres le considèrent humble et délicat – regorge de sens et de références. Reconstruite a posteriori, la signification de ce langage n'en est pas moins importante et offre à l'œuvre une cohérence intrinsèque.
Si le hasard joue un rôle dans la première phase de la production – qui se veut automatique, ce dernier est vite évincé. Précédée par la déconstruction du sujet (une conversation, un coussin aperçu dans un film entre autres), s'opère ensuite la recherche méticuleuse pour aboutir au redressement de l'objet et surtout de son sens. Le contenu du travail, quoiqu'hétérogène, se voit ainsi unifié. Le nouveau vocabulaire est maîtrisé: l'artiste se l'est approprié.
Le sens, celui de la vue et celui de l'ouïe, bien sûr, sollicités tour à tour ou simultanément selon les travaux, mais surtout celui apparenté au signifié qui incarne la composante principale des productions artistiques tout aussi variées qu'éclectiques, façonne l'œuvre tant dans sa (post-)production que dans sa réception.
Ici, il n’est pas discours d'une quelconque transposition entre texte et image, mais bien d'un langage visuel se suffisant à lui-même qu'il emploie des mots, des phrases ou des images. Vocabulaire et syntaxe qui traduisent nombre de références populaires, souvent filmographiques ou littéraires, dans un contexte contemporain, forment un récit visuel inédit.
L'artiste use également du rythme, puisque celui-ci permet de réinterpréter les sujets tant à travers l'écriture que dans la récitation. C'est ainsi que de banales marques de cigarettes, formant tout d'abord un nouveau vocabulaire, deviennent finalement un poème. – Jessica Bourgoz