Dans ses ensembles poétiques, Matteo Pomati tire parti de l’inattendu ou accentue des opposés comme les flux d’énergie et l’ennui. Ce sont les détails superficiels et les phénomènes soidisant sans intérêt qui captent le regard de l’artiste – fumée, symboles, conduits ou entrées. Il s’agit cependant d’indices, des représentations ou des illustrations de mécanismes complexes tels que des systèmes de distribution d’eau. Matteo Pomati utilise des expériences matérielles pour transmettre ses impressions. Il joue avec les attentes du spectateur.trice, oscillant entre esthétique fonctionnelle et décorative, suggérant et censurant.
Dans l’exposition, l’artiste présente deux œuvres différentes. Dans le couloir du premier étage, deux tableaux aux références fragmentées sont accrochés côte à côte. L’un expose les détails d’une porte contenant un conduit d’aération et des graffitis dissimulant une bouche d’incendie tandis que l’autre montre un nuage de fumée sortant d’une cheminée. Les linogravures sur plastique affirment un langage esthétique direct, contrastant avec le glamour des paillettes fixées sur le tissu d’apparence bon marché. Matteo Pomati attire l’attention sur des qualités matérielles différentes, efface les associations par la surface noire, tout en en créant de nouvelles à travers elle.
À l’étage supérieur, la sculpture qu’il présente prend la forme d’un lavabo. Quiconque pouvant résister à son apparence ordinaire percevra les raffinements absurdes et surréalistes de cette sculpture. Les gouttes ne s’écoulent pas le long de la cuve, mais se collent à l’évier, le jet d’eau se brise sur le bord d’un petit bol et le tuyau d’alimentation est relié à une prise de courant. Matteo Pomati accorde une attention particulière au quotidien et au secondaire.
Matteo Pomati (*1989) est titulaire d’un Master de l’École cantonale d’art de Lausanne. Il vit et travaille à Lausanne et Milan.