Les œuvres de Josse Bailly se déclinent aux rythmes et aux sons saturés du Hard rock et du Heavy metal des années 60-70. Totalement imprégné par cette culture musicale, il emprunte attitude, esthétique et noms qu’il transforme à sa guise. C’est alors que l’on voit apparaître des figures emblématiques moustachues aux cheveux longs dans des compositions qui sentent l’essence et la sueur. Josse Bailly rejoint ainsi le parti de la pilosité, car « le poil touche tout le monde et est un opérateur du regard ». Il n’est donc pas rare de se retrouver face à un Ozzy motorisé, un Lemmy ou un Sky Saxon, qui sont ici dépeints au regard des courants auxquels ils sont associés et de l’état d’esprit de leur créateur. Il joue avec des signes issus de références communes et de sources iconographiques personnelles en s’appropriant un passé qu’il construit également à partir de souvenirs inventés. Entre peintures et dessins, il alterne des procédés qui s’alimentent mutuellement. Sa pratique de l’urgence et du petit format reflète ses inspirations. Elle lui permet de projeter et d’incarner instantanément images mentales et visions d’une société passée au crible. – Marie DuPasquier