Située entre pratiques curatoriales et artistiques, l’approche hybride de Camille Besson est une recherche autour des agencements d’espaces. Tout composant mineur du medium que représente l’exposition, non seulement l’espace architectural, mais aussi les démarches organisationnelles ainsi que les matériaux de médiation, sont investis par l’artiste dans un rapport de complémentarité au sein du processus créatif. Dans le cadre de PLATTFORM15, Camille Besson présente une installation réalisée en collaboration avec Vianney Fivel. Celle-ci se compose d’une part d’une bande-annonce de l’exposition, outil typique de promotion audiovisuelle, permettant d’interroger les limites spatiales et temporelles de l’expérience esthétique. D’autre part, deux sculptures pariétales, réalisées principalement à la colle à bois, enveloppent avec souplesse l’architecture monumentale de l’espace d’exposition. À la dérive, aux marges de la vision, cette œuvre s’affiche comme atmosphérique et flottante.
Il s’agit de trouver des stratégies de camouflage nouvelles, capables de rompre les séquences du regard. Cela permettrait de délester le spectateur de la dictature de l’auteur; entité collective incluant l’artiste, ou encore les médiateurs et curateurs, et même le personnel en charge de surveiller l’exposition. Tout un apparat destiné au guidage du spectateur et qui cristallise les expériences esthétiques au sein d’un parcours linéaire. Au public, traditionnellement invoqué pour activer l’espace d’exposition, Camille et Vianney substituent le visiteur. Dans un espace dénué de centre, les référents se multiplient en objets polysémiques. Privé d’un appui, le regard du visiteur glisse alors sur les surfaces. Il flâne, sa trajectoire et sa vitesse deviennent insaisissables et imprévisibles. – Sébastien Peter