Thomas Koenig se réapproprie des images et objets de son quotidien pour les faire naître sous d’autres formes: un lit peint et accroché au mur avec des élastiques devient un tableau en équilibre, un rideau de douche découpé devient une sculpture, des CDs dont les pochettes ont été imprimées, une installation, un dessin numérique devient une projection et un T-shirt délavé, une estampe. Pluridisciplinaire dans le choix des supports, il accorde une place centrale à la liberté du geste et à la redéfinition du statut de l’œuvre. Très instinctif dans la création d’images, l’artiste choisit de mettre en scène son propre travail afin de donner, par assemblage, un nouveau sens au tout. Le lieu d’exposition devient alors un espace de jeu où les œuvres et quelques ‹éléments perturbateurs› tracent un parcours libre, à la fois acide et acidulé comme l’installation Baby blue, 2012. Plongé immédiatement dans un univers dissonant, presque impénétrable et pourtant si accessible, les objets se regroupent ou s’éloignent et la tension entre chacun crée une sensation d’équilibre instable. Lors de son exposition à la galerie Skopia dans le cadre du prix HEAD – Galerie 2012, il pose un nouvel ‹entre-deux› en choisissant d’exposer des écrans de sérigraphie dessinés, insolés, prêts à l’impression. Accrochés au plafond ou posés de façon aléatoire contre les murs, certains sont recouverts d’un rideau transparent de dessins numériques imprimés. L’acquéreur est alors libre de conserver l’écran ou d’en imprimer l’image, et donc, de rendre à la matrice sa fonction première. Dans son processus créatif, l’artiste choisit souvent de collaborer avec d’autres artistes ou des membres du collectif RATS, dont il est l’un des membres fondateurs. Pour PLATTFORM13, Thomas Koenig questionne les limites du dessin en projetant des gifs animés au milieu ‹d’arbres crayons›. Il propose une vision kaléidoscopique, où les couleurs des bulles de savon affrontent des images solarisées imaginaires ou modifiées. – Stéphanie Serra