Puisant sa grammaire plastique tant dans les formes de l’architecture moderne que dans les structures urbaines, Stéphanie Raimondi pense ses interventions dans un rapport intime avec le lieu de leur monstration. Ainsi, lorsqu’elle plante L’Éclat (en collaboration avec Sarah Lis) dans le sol de la White box au Grütli, en 2009, elle déplace et réitère un élément préexistant – la fenêtre – pour, littéralement, le mettre en lumière. Par le choix du verre coloré, hommage à Paul Scheerbart, la pièce entière se teinte au fil de la journée d’une atmosphère changeante. À l’intérieur d’espaces construits, Raimondi reconstitue des fragments d’architecture qui multiplient, dédoublent ou renouvellent le vocabulaire du bâti existant. La bâche translucide montée sur panneaux de bois qui divise une salle d’exposition se laisse entrevoir soit comme une frontière opaque, soit comme un projecteur d’imaginaire dont le théâtre d’ombres s’allume et s’éteint au gré des passages de couleur, rythmant le lieu d’une autre temporalité. Avec ses structures aux contours géométriques épurés qui manipulent des effets de luminosité – naturelle ou artificielle –, Raimondi invite le spectateur à la patience de la contemplation. » – Séverine Fromaigeat