Stéphane Delannoy

Plattform2007

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Le couple, 2005

Le couple, 2005

Sans titre (les vrais durs ne dansent pas), 2006

Sans titre (les vrais durs ne dansent pas), 2006

Sans titre (les vrais durs ne dansent pas), 2006

Sans titre (les vrais durs ne dansent pas), 2006

Forêt épileptique, Plattform07, 2007

Forêt épileptique, Plattform07, 2007

Forêt épileptique, Plattform07, 2007

Forêt épileptique, Plattform07, 2007

Fin, 2005

Fin, 2005

L’œuvre de Stéphane Delannoy, présent et actif à Genève depuis 2001, envahit l’espace, qu’il soit celui d’exposition, celui de la pensée ou celui de la mémoire. Nous pénétrons un lieu virtuel et physique que l’artiste s’est approprié; il nous entoure et nous assiège. Mais le temps, ontologiquement capital au médium filmique, est lui aussi interrogé et malmené par l’artiste. La bande naît dans un projecteur et en rejoint un autre; le temps représenté sur l’image se déroule au rythme du passage de la pellicule qui parfois traverse la pièce. Associé à cette dynamique de manière inextricable, le son nous transporte à son tour dans des univers flous, imprécis, tels de vagues souvenirs. Le dispositif technique adopté par l’artiste est souvent lourd et l’importance accordée au médium fondamentale. La super 8 en particulier et la pellicule en général – modes d’expression favoris de Stéphane Delannoy – sont la plupart du temps mises en scène sous forme de multiprojections; les images parfois se superposent, s’intercalent. Placés tantôt en cercle, tantôt côte à côte, les projecteurs semblent jouer dans l’installation un rôle aussi précieux que l’écran ou que le film même dans certains cas. Inéluctablement, le bruit lancinant et régulier des appareils tend une toile de fond sonore au procédé artistique, tandis que la lumière à travers les bandes nous aveugle puis disparaît dans l’image. Stéphane Delannoy (au sujet de la Forêt épileptique): «Se perdre dans le temps mécanique sans jamais perdre son corps. Finalement tout est réglé bien arrangé, le fruit de l’espace englouti dans la cuisine de la conscience. Dans l’abstraction d’une forêt ne s’abstrait pas la pensée, les images fleurissent et disparaissent piquées à mort par les aiguilles de la lumière absente clignotante vacillante. Rendez-vous bref et incertain, mais de toutes parts présent, il n’y a qu’à traverser!». Stéphane Delannoy associe les images et superpose les couches sémantiques – inconscient et narration, temps, abstraction et mémoire – notre esprit vagabonde en super 8. – 

Emilie Bujès.