Silas Heizmann

Plattform2016

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Transparent, Plattenspieler, Vinylplatte, Eternit, 2015

Transparent, Plattenspieler, Vinylplatte, Eternit, 2015

Transparent, Metallgitter lackiert, Sublimationsdruck
und Siebdruck auf Textil, 2015

Transparent, Metallgitter lackiert, Sublimationsdruck
und Siebdruck auf Textil, 2015

Transparent, Installationsansicht Kunsthaus Baselland, 2015

Transparent, Installationsansicht Kunsthaus Baselland, 2015

Il y a d’un côté des scènes pittoresques de cartes postales : là des palmiers balancent mollement leurs feuilles contre les murs décrépits d’architectures soviétiques, ici des plantes rampent le long des colonnes et des voûtes d’une gare désaffectée. De l’autre, se dressent également des ruines modernes de béton mais les murs, couverts de graffitis, y pulsent au rythme des basses et de foules extatiques. Ce sont des bunkers désertés ou d’anciennes toilettes de station de U-Bahn, transformés en temples techno. Quel lien tisser entre l’actuelle Abkhazie – entité située à l’extrême ouest du territoire géorgien qui a proclamé son indépendance en 1992 sans que la communauté internationale la reconnaisse – et le Berlin des années 90, berceau de la Clubkultur ? Ces lieux sont propices à la nostalgie. Silas Heizmann scrute leurs surfaces défraîchies, confrontant ses projections et fantasmes à une réalité qui en est parfois éloignée, avec ce sentiment récurrent « d’être arrivé trop tard ».

Porter un regard sur les utopies, les révolutions ou les mutations urbaines est au cœur de son travail, qui ne cesse d’interroger les rapports entre passé regretté et espoirs futurs. Ses propositions plastiques, qu’il s’agisse de sérigraphies – un procédé qui apparaît régulièrement dans son travail et qu’il enseigne lors de workshops – de photographie, de vidéos ou d’installations, traduisent toujours une perception individuelle. Elles sont autant de moyens d’explorer des contextes socio-politiques complexes, tout en faisant des changements et du mélange des techniques un style à part entière. Volontairement réduite à quelques éléments modestes, son intervention pour PLATTFORM16 vaut autant pour elle-même qu’elle n’annonce un événement à venir : l’ouverture d’un club de techno à Sukhum(i), en Abkhazie. Silas Heizmann marque ici le début d’une série de travaux appelée à se développer lors d’une résidence à Erevan (Arménie) qui débutera en juin 2016. – Anouk Schumacher