Sherian Mohammed Forster

Plattform2020

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I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller;
11'59" before Noon, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller;
11'59" before Noon, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

I just went Rick the Ruler with the Jeweller, Ausstellungsansicht / vue de l'exposition Plattform20, 2020
© Guillaume Python_Fri Art 2020

Décolonial par héritage, américanisé par le hip-hop, diplomatique et diplômé par l'arc lémanique, Sherian Mohammed Forster navigue entre différentes sphères qui alimentent sa pratique artistique. Pour Plattform20, il présente une installation composée d'une vidéo et de deux bagues placées sous vitrine. Sobrement présentée dans son écrin, la première des deux bagues est cerclée d’ébène et d'ivoire surmontés d’un rubis, soit des matériaux extraits en Afrique et manufacturés à Genève dans les années 1980. La bague fait alors écho à l'identité de l'artiste, ayant des origines en Afrique de l'Est et en Suisse. La vente d’ivoire étant désormais illégale, l'objet a été acquis officieusement pour l'exposition en accord avec le bijoutier. La deuxième bague représente un orbe, à savoir un globe surmonté d'une croix chrétienne, dans une réappropriation cheap et punk faite d'argent et de faux diamants griffée Vivienne Westwood. Elle est calée sous l'écrin de sa voisine et retournée croix vers le bas, invoquant à la fois une médaille et ses revers: la fonction de béquille empirique qu'exerce la culture dominante chrétienne pour la colonisation ainsi qu'un de ces prérequis, le travail non payé des femmes. En parallèle, une vidéo tournée en Éthiopie au téléphone portable depuis la fenêtre d’un 4x4 retrace la route d'une zone minière et touristique, entre volcans et déserts. On y voit défiler la ligne jaune délimitant le bord de la route en gros plan, qui ondule au gré des irrégularités du terrain. Un effet semblable au stop motion souligne les dynamiques concomitantes de la data collection et de la colonisation par l'image. Au final, l'ensemble de l'installation se joue de l'élasticité de la valeur que l'on attribue aux objets, qu'il s'agisse de valeur sentimentale, symbolique ou marchande. En investissant le budget qui lui a été attribué dans l'achat et le dispositif d'exposition des deux bagues, l'artiste réinjecte l'argent alloué par des fondations publiques et privées dans des matières premières, mimétisant une recherche de valeur refuge. Par un acte de réappropriation et dans une logique proche du leak, Sherian Mohammed Forster matérialise la fuite en avant d'un capitalisme qui prend l'air familier d'un serpent qui se mord la queue : It's like this saying that goes "put your money where your mouth is". Here it would be more like putting your mouth back where your money is. Or simply to put the money back where it originates from. Yet, in the process of theoretically demonstrating, I'm also regaining power through ownership while regaining authority through the narrative.

  • Citations de l’artiste

Colin Raynal