Paul Walther

Plattform2008

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Frontal, Plattform08, 2008

Frontal, Plattform08, 2008

Frontal, Plattform08, 2008

Frontal, Plattform08, 2008

Head Words, (Still), 2007

Head Words, (Still), 2007

Cours toujours, (Still), 2007

Cours toujours, (Still), 2007

Clop, (Still), 2005

Clop, (Still), 2005

Frontal, Plattform08, 2008

Frontal, Plattform08, 2008

Si l’on demandait à Paul Walther sa profession, que nous répondrait-il? Réalisateur? Artiste? Scénariste? Monteur? Directeur photo? Peu importe, car il est sans doute un peu tout cela à la fois! Et qui plus est, qui se soucie encore de classer le travail d’un artiste dans la case bien définie d’un art spécifique? Les films du jeune artiste s’articulent autour de thématiques qui semblent l’obnubiler. Dans ses expérimentations filmiques, il explore l’infini. L’infini d’une même image vu sous des angles différents, l’infini d’une boucle répétée inlassablement. L’infini qui mène parfois à tout, parfois à rien. Mais c’est un infini non dénué d’humour, thème, s’il en est, qui revient également dans ses courts-métrages plus «cinématographiques», dans le sens où ces derniers sont construits comme une histoire avec un début et une fin, ce qui ne semble pas toujours être le cas dans «les films à boucle(s)». Nous avons souvent affaire à un humour noir, suggérant parfois une violence morbide. Les images ne sont cependant jamais macabres en elles-mêmes ni violentes à l’état brut. Ce sont des images qui vont au bout des propos de l’auteur et c’est en cela que les films de Paul Walther parviennent à nous emmener avec elles. Et elles nous surprennent par une fin à laquelle on avait pensé, mais qu’on aurait pas osé imaginer – dans le sens premier de mettre une image sur une idée. Son travail est parfois ainsi surprenant de maturité, comme si le jeune homme parvenait à exprimer une colère ou une violence latente à laquelle il ne doit que rarement succomber dans sa vie privée. Mais à nouveau, l’important ne réside pas là. L’important se trouve dans les images de l’artiste. Images mises au profit de scénarios souvent rondement menés. Images composées, images soignées, images réfléchies, images ‹choc› mais pas choquantes, images qui montrent, mais qui n’exhibent pas. Tous ses films montrent un souci du détail, une minutie accordée tant à l’image qu’à la réalisation. Paul Walther maîtrise l’art du court-métrage, celui de nous embarquer dans une histoire palpitante, claquante, surprenante et en suspens jusqu’à l’ultime image.

 – Jehanne Carnal