Inka ter Haar exerce son rôle d’artiste au moyen de symboles et d’autoportraits qui, par la confrontation directe d’une esthétique trash et du spectateur.trice, soulèvent des questions socio-critiques. La salle de mariage de l’ancienne mairie exacerbe la rencontre entre la culture machiste et les normes bourgeoises ; l’esthétique tranchante des affiches et la peinture brutale contrastent avec l’espace qui représente l’un des dogmes les plus fondamentaux de l’histoire moderne.
Jouant avec les clichés, Inka ter Haar fait avancer les débats féministes et antiracistes et ne laisse aucun répit au spectateur.trice. La boucle sonore laisse entendre « You pollute my illusion with reality » tandis que les peintures, avec leurs signes fascistes et leurs symboles phalliques, pendent au plafond telles des icônes. Des affiches posées au sol, dont l’esthétique a été empruntée aux sites internet de bordels allemands, présentent des sujets sur-sexualisés. L’artiste s’intéresse également aux peintres chauvinistes allemands des années 1980 (y compris Georg Baselitz) et à leur affinité avec le quartier rouge de Hambourg.
Le pays d’origine des peintres est une thématique qui imprègne toutes ses œuvres: l’allemand comme quelque chose de sentimental et brutal, entre le mythe du sacrifice et l’autonomisation. Les œuvres d’Inka ter Haar présentent aussi bien l’« anxiété allemande » [German Angst] que ses tendances racistes problématiques. Les bâches noires au sol empêchent tout optimisme. L’installation semble mettre le spectateur.trice en garde contre les massacres imminents, les foyers de réfugiés en flammes et les agressions sexuelles. Elle contraste avec le titre Golden Time, qui fait référence à la fois au nom d’une maison close allemande, goldene Hochzeit, et à une pré-civilisation utopique.
Inka ter Haar (*1980) est titulaire d’un Master
de la Hochschule für Gestaltung und Kunst FHNW. Elle vit et travaille à Bâle.