Alexandra Shéhérazade Salem

Plattform2022

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a goddess knows she is pure light cuz she transformed shadows, Plattform22 at Kunsthalle Palazzo Liestal, 2022

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No evil shall prosper
My wings are spread
Imma be the flyest chick

La pratique d’Alexandra Shéhérazade Salem s’articule autour du corps et de la performance. Sa présente installation peut se lire comme une scénographie dont l’activation ne requiert pas la présence de l’artiste. Immersive, la salle se conçoit comme un espace liminal ; le lieu d’une transition introspective et libératrice. La pièce sonore est le premier jalon d’une invitation à un éveil spirituel centré sur l’émancipation du corps – dans son contexte tant intime que social.

Les recours au vocabulaire ornemental se comprend comme autant d’éléments de protection et d’expressions identitaires opposées aux canons du bon goût. Loin des connotations narcissiques dont l’Occident l’a paré, le miroir est mobilisé dans son usage moyen-oriental. Associé à des pratiques cérémonielles et porteur de significations poétiques et sacrées, il constitue un outil d’auto-réflexion ; un portail vers d’autres mondes et d’autres manières d’exister.

Le foulard fait référence aux rites de danses féminines qui habilitent une connexion sensuelle à son propre corps. Le remplacement des usuels sequins décoratifs par des miroirs replace cette pratique dans un rapport au divin et au sacré. Le mouvement, qui situe ainsi l’exploration incarnée de la féminité dans des registres émotionnels et spirituels, s’entend comme processus de guérison et de soin. Le recours au cheveu s’inscrit dans cette relecture des attributs corporels et les cœurs que forment les mèches répondent aux roses associées à l’amour dans la tradition poétique iranienne. En évoquant notre besoin d’amour, l’artiste en appelle au pouvoir de la vulnérabilité et nous invite à repenser la façon dont nous faisons société.

Martin Genton

Photo credits: Guadalupe Ruiz
Hip scarf in collaboration with Kumrije Saiti