Jorge Morocho Ibarra

Plattform2025

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Jorge Morocho Ibarra, Plattform25, exhibition view, Centre d’art Neuchâtel, 2025. Photo: Sébastien Verdon.

Jorge Morocho Ibarra, Plattform25, exhibition view, Centre d’art Neuchâtel, 2025. Photo: Sébastien Verdon.

Jorge Morocho Ibarra, Plattform25, exhibition view, Centre d’art Neuchâtel, 2025. Photo: Sébastien Verdon.

Jorge Morocho Ibarra, Plattform25, exhibition view, Centre d’art Neuchâtel, 2025. Photo: Sébastien Verdon.

Jorge Morocho Ibarra, Plattform25, exhibition view, Centre d’art Neuchâtel, 2025. Photo: Sébastien Verdon.

Jorge Morocho Ibarra, Plattform25, exhibition view, Centre d’art Neuchâtel, 2025. Photo: Sébastien Verdon.

Horizontal Fashion, 2025
Acrylique, impressions par transfert, fusain, sérigraphie, huile sur toile
230 x 640 cm

Imagine te réveiller dans un monde dans lequel toutes les horloges ont arrêté de tourner. Téléphones, montres, horloges de cuisines et de grand-pères, toutes figées. S’en suivrait-il un chaos ou continuerions-nous à vivre une vie relativement normale? Peut-être que notre ponctualité pourrait s’aligner avec les cycles célestes. Notre relation au temps reste fondamentalement culturelle, variant d’un lieu à l’autre. Dans certains contextes, arriver à l’heure est considéré impoli alors que dans d’autres, arriver à l’heure signifie être là quelque minutes en avance. L’expérience quotidienne de la division standardisée du temps et, par définition, une construction artificielle : les horaires de travail, par exemple, sont rarement adaptés aux chronotypes individuels — les inclinations naturelles de réveil et de sommeil — forçant tout le monde dans des structures qui pourraient ne pas convenir à son rythme biologique. Sans le cadre imposé des heures, minutes et secondes, nous pourrions peut-être développer une relation plus intuitive, plus organique avec le temps… ou est-ce que la perte d’une synchronisation déstabiliserait la coordination complexe sur laquelle repose la vie moderne?

« Miau, diese moderne Kunst! Da wird es einem ja ganz schwindelig beim Draufgucken. Lieber schnell umdrehen und Altagstaugliches ins Visier nehmen–wie volle Fressnäpfe, zuckende Spielmäuse und so… »

… raconte la page de février du Katzenleben Kalender, un calendrier de l’année 2024 licencié par la marque Whiskas et publié par une société éditant des calendriers. Cette publication allemande présentant des photos de deux chats par mois est la source originale de la peinture la plus récente de Jorge Morocho Ibarra, produite pour Plattform25. Il n’est pas inhabituel pour le peintre de trouver son inspiration dans des lieux inattendus; des scènes de films aux affiches de cirque, en passant par des romanciers chiliens et les boissons Starbucks, l'artiste déploie un vaste éventail de curiosité. Tout est un terreau fertile potentiel à la découverte de nouvelles images, idées et réflexions qu’il retravaille à travers la peinture, dans ce qui pourrait être décrit comme une pratique ruminative de cycles de consommation d’images.

Morocho nourrit une fascination sincère pour toutes les choses absurdes, hypocrites et de nature contradictoire, révélant un œil aiguisé pour l’ironie sous-jacente à la culture visuelle. Son approche de la représentation se distingue par un niveau de description excessif, tempéré par un style affirmé qui n’hésite pas à révéler les squelettes de ses peintures.

Pour la peinture Horizontal Fashion (2025), par exemple, Morocho a essentiellement déplié ce qui était initialement un calendrier de chats extrêmement vertical — le document original mesure 70 x 16 cm — disposant chaque mois côte à côte, transformant ce qui était initialement une lecture du temps verticale vers un panorama d’une année. Ici, le temps est un paysage. Alors que les chats — positionnés au bord de chaque mois — sont un cadre, bordant 365 jours de mignonnerie pelucheuse.

Diogo Pinto
Traduit de l’anglais