Samuel Dématraz

Plattform2007

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Landscape, 2006

Landscape, 2006

Landscape, 2006

Landscape, 2006

Carpet, 2005

Carpet, 2005

Landscape, 2005

Landscape, 2005

Carouge, 2006

Carouge, 2006

Pavillon, église, 2005/2004

Pavillon, église, 2005/2004

Grand prix, 2005

Grand prix, 2005

Les œuvres vidéo de Samuel Dématraz se déclinent sous la forme d’une image fragmentée, découpée en plusieurs plans-séquences. Cette mosaïque d’ordre visuel se présente cependant comme une entité parfaitement cohérente en ce que les différents plans qui la constituent participent du même lieu de prise de vue. En effet, chacune des pièces du puzzle vient s’imbriquer de façon adéquate sur la surface-écran, dans le but d’assurer une situation spatiale homogène à la représentation prise dans son entier. Mais cette unité se voit directement contredite par l’absence totale de continuité temporelle qu’affichent les différentes sections de l’image entre elles. Cette césure est rendue manifeste d’un segment à l’autre par la présence d’éléments en mouvement – automobiles, bateaux, oiseaux, nuages – sans oublier les nombreux jeux d’ombre et de lumière signalant la giration de notre planète. Dès que ces éléments s’avisent de transgresser leur propre espace de représentation pour rejoindre une autre cellule, nous les voyons s’effacer, se volatiliser en bordure de leur fraction d’image, dans l’incapacité de poursuivre leur route. Ils demeurent en quelque sorte prisonniers de leur zone ou condamnés à disparaître. Il apparaît dans certains travaux de l’artiste que les différents pans de l’image en viennent eux-mêmes à se mettre en mouvement, à se déplacer dans les limites de la représentation. Ils se superposent en glissant les uns sur les autres, dilatent puis contractent leur surface ou tendent encore à se décupler. L’architecture de l’image tend à ainsi se complexifier et il nous faut redoubler d’attention pour saisir la nature véritable du mouvement observé au sein de l’œuvre. Les tableaux composites et cinétiques de Samuel Dématraz reposent donc sur un principe d’oscillation entre cohérence et incohérence structurelle de l’image. L’artiste interroge avec malice notre capacité à discerner le spectacle que l’image nous dévoile, en même temps qu’il nous délivre une réflexion vivifiante sur le rapport entre espace et temps au sein du médium vidéo.

 – Henri de Riedmatten