Tout d’abord photographe de presse pour divers quotidiens suisses, Dominik Hodel se tourne par la suite vers un emploi plus artistique du médium photographique. Il dirige son objectif sur des objets quotidiens, tels que les voitures (Headlights I, II) ou les fleurs (Hybrids). Coupés de tout contexte par leur présentation sur un fond de couleur ou dans un espace neutre, les phares de voitures reluisants et les fleurs exotiques élevées en serre deviennent les reflets de notre société de consommation. Les objets reproduits ou exposés sous forme d’installation cessent d’être agréables à la vue, ou du moins leur fonction esthétique est questionnée. Leur surface lisse est employée par l’artiste comme support d’une nouvelle signification, d’un nouveau message. La beauté artificielle créée de toutes pièces par l’homme est confrontée à la beauté immanente de la nature. Au questionnement des objets représentés s’ajoute celui des médiums employés. Dominik Hodel manipule les caractéristiques conventionnelles de la photographie, de la vidéo et de l’installation. D’illustrative ou documentaire, l’image photographique devient miroir des éléments entourant l’objet photographié. La vidéo quant à elle n’est plus image mobile mais se concentre sur un mouvement en particulier, un aspect changeant à l’intérieur d’une image apparemment fixe. Pour ce qui est de l’installation, celle-ci donne lieu au regroupement dans un même espace, selon les cas, du ready-made, de la sculpture, de la photographie et de la vidéo. Le spectateur est ainsi invité non seulement à réfléchir sur la réalité l’entourant mais également sur la réalité des images qui lui sont présentées. L’artiste lui rappelle que derrière toute photographie, toute vidéo, toute création artistique se cache une personne ayant orienté l’objectif, défini le cadre et orchestré une mise en scène de l’environnement qui l’entoure. – Melissa Rérat