Adji Dieye

Plattform2021

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LET ME, Plattform21 at MASILugano, 2021

LET ME, Plattform21 at MASILugano, 2021

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LET ME, Plattform21 at MASILugano, 2021

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LET ME, Plattform21 at MASILugano, 2021

LET ME, Plattform21 at MASILugano, 2021

L’installation LET ME proposée par Adji Dieye pour Plattform21 s’inscrit dans un projet de recherche plus large intitulé Culture Lost and Learned by Heart, qui interroge le statut des archives iconographiques nationales du Sénégal, et de manière plus générale les façons dont la mémoire collective et le sentiment d’identité nationale se construisent.
L’installation est composée d’une longue bande de soie tendue sur une structure en fer forgé longiligne. Le tissu présente deux types d’images imprimées, issues d’une part des archives nationales et de l’autre des archives personnelles de l’artiste. Des photographies de l’époque coloniale française évoquant la construction de l’État-nation sénégalais se superposent à des images montrant la situation actuelle du pays et la construction de vastes infrastructures financées par l’État chinois, qui investit massivement en Afrique. L’artiste tisse ainsi des liens de continuité entre ces deux périodes pour mieux questionner sa propre identité au regard des relations d’interdépendance passées et futures du Sénégal. En outre, la structure en métal reprend le principe architectural du parallélisme asymétrique tel que développé par Léopold Sédar Senghor au lendemain de l’indépendance du pays, dans l’idée d’élaborer un art national s’affranchissant des traditions occidentales.
La structure dans son ensemble évoque les rouages d’une presse, comme s’il s’agissait d’une fabrique à histoire, d’une frise chronologique en train de s’écrire, dont certains motifs ont tendance à se répéter. La silhouette de l’installation rappelle également la ligne d’horizon de Dakar redessinée par la construction de buildings dont l’ombre plane désormais sur la ville.

Colin Raynal

Photo credits: Mattia Angelini